Dext, Pennylane ou Libeo : lequel pour collecter les pièces d'un cabinet
Par Alexandre Rastello, publié le
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- cabinet comptable
- collecte
En résumé. Les trois outils sont régulièrement comparés et ne répondent pas à la même question. Dext collecte et pré-comptabilise les pièces, c’est son métier d’origine et il reste le plus fort dessus. Pennylane est une plateforme de production comptable qui intègre une brique de collecte, utile si le cabinet y bascule toute sa production. Libeo traite le paiement et la validation des factures fournisseurs, pas la collecte. Côté prix, Dext affiche une offre gratuite et une offre à 25 € par mois pour 250 documents, Pennylane démarre à 7 € par mois côté entreprise, et Libeo ne publie aucun tarif. Aucun des trois n’affiche son prix cabinet, tous sont dégressifs au volume de dossiers.
La réponse chiffrée
Ce que chacun fait réellement, en une ligne.
| Outil | Métier d’origine | Ce qu’il fait bien | Prix public |
|---|---|---|---|
| Dext | Collecte et OCR de pièces | Récupérer les justificatifs et en extraire les données | Offre gratuite, puis 25 €/mois pour 250 documents |
| Pennylane | Production comptable et gestion financière | Tenir la comptabilité et donner au client une vue en temps réel | 7 à 79 €/mois côté entreprise, cabinet sur devis |
| Libeo | Paiement fournisseurs | Faire valider et régler les factures fournisseurs | Aucun prix public, sur devis |
Le point à retenir avant tout arbitrage : un cabinet qui cherche à améliorer sa collecte de pièces compare en réalité Dext à la brique collecte de Pennylane. Libeo ne joue pas dans cette catégorie, même s’il apparaît dans toutes les listes.
Ce que chacun coûte, en détail
Dext propose une offre gratuite pour un utilisateur, qui couvre la facturation électronique et l’e-reporting, la collecte de documents comptables et le stockage, avec un nombre de devis et de factures non limité. L’offre Facturation passe à 25 € par mois en engagement annuel : 250 documents mensuels, un à cinq utilisateurs, l’extraction OCR, l’automatisation comptable, 500 Mo de stockage par utilisateur et cinq crédits d’intelligence artificielle par mois. Les options se paient au détail : neuf euros par mois pour l’assistant IA, deux euros pour 4,5 Go et 45 crédits supplémentaires, 30 centimes la page de relevé bancaire, 25 centimes le traitement prioritaire. L’offre cabinet est multi-dossiers et dégressive au volume, sans prix affiché.
Pennylane publie sa grille côté entreprise : gratuit pour les micro-entreprises, 7 € par mois pour l’offre Starter, 14 € pour Basique, 24 € pour Essentiel, 79 € pour Premium qui inclut le module comptable. Toutes ces offres sont limitées à un utilisateur et à 1 200 factures par an, sans engagement, avec quinze jours d’essai. L’offre destinée aux cabinets est commercialisée séparément, sur devis.
Libeo ne publie aucun prix. Trois formules existent : mono-entité pour une direction financière, multi-entités à partir de deux structures avec vues consolidées et tarif dégressif, et une offre dédiée aux cabinets. Chacune passe par un rendez-vous commercial.
Cette différence de transparence n’est pas anecdotique quand vous comparez. Un éditeur qui affiche ses prix vous laisse calculer avant l’appel ; un éditeur qui ne les affiche pas ajuste au client. Ni l’un ni l’autre n’est disqualifiant, mais l’écart de temps d’instruction, lui, est réel.
La collecte, le vrai sujet du cabinet
Un cabinet ne perd pas ses heures à saisir. Il les perd à réclamer.
Le cycle est toujours le même : le client ne transmet pas ses pièces, le collaborateur relance, le client répond partiellement, le collaborateur relance à nouveau, le dossier prend du retard, et la production se concentre sur trois semaines de bourrage avant l’échéance. L’OCR ne résout pas ce problème. Il traite les pièces une fois qu’elles sont arrivées.
C’est là que se joue le vrai écart entre les trois outils.
Dext attaque la collecte par le canal : application mobile pour photographier un ticket, adresse email dédiée par dossier, connexion aux fournisseurs pour récupérer les factures à la source, import bancaire. Plus le client a de manières simples de transmettre, plus il transmet. La note de l’application mobile, 4,8 sur 5 sur l’App Store pour plus de 1 100 avis et 4,7 sur 5 sur Google Play pour plus de 12 500 avis, dit quelque chose de concret : c’est un outil que les clients finaux utilisent vraiment, ce qui est rare dans cette catégorie.
Pennylane attaque la collecte par l’intérêt du client : il y trouve sa facturation, son suivi de trésorerie, ses relances d’impayés. Un client qui vient tous les jours sur la plateforme pour son propre besoin y dépose ses pièces sans qu’on le lui demande. Le levier est différent, et il fonctionne à une condition : que le client adopte l’outil pour lui-même.
Libeo n’attaque pas la collecte. Il attaque le paiement, ce qui est un autre goulot d’étranglement, réel mais distinct.
Le chiffre que personne ne mesure
Demandez à un cabinet son taux de collecte à J+10 après la fin du mois. La plupart ne l’ont pas.
C’est pourtant le seul indicateur qui dit si l’outil de collecte fonctionne. Le nombre de pièces traitées ne veut rien dire, il monte avec l’activité. Ce qui compte, c’est la proportion de dossiers complets à une date donnée, et son évolution avant et après le déploiement.
Sans ce chiffre, un cabinet qui change d’outil ne saura jamais s’il a gagné quoi que ce soit. Il aura une impression, généralement bonne les trois premiers mois, puis le sujet reviendra. Avant d’arbitrer entre trois éditeurs, mesurez le point de départ pendant deux mois. C’est gratuit et ça change complètement la discussion commerciale qui suit.
Quelle configuration pour quel cabinet
Cabinet qui garde son outil de production (Cegid, ACD, Isacompta, MyUnisoft) et veut améliorer la collecte : Dext. C’est le cas le plus courant, et c’est la configuration pour laquelle Dext est conçu, avec des exports vers les principaux logiciels du marché. Le coût est marginal par rapport à un changement de production.
Cabinet qui veut refondre sa production et proposer une plateforme au client : Pennylane. C’est un projet, pas un achat d’outil, avec migration des dossiers, formation des collaborateurs et conduite du changement côté clients. Le gain est plus large et le chantier plus lourd.
Cabinet dont les clients ont un vrai problème de circuit de validation et de paiement fournisseurs : Libeo, en complément d’un des deux autres. Pas à leur place.
Un cabinet peut faire tourner Dext et Pennylane ensemble, et beaucoup le font, avec Dext en collecte et Pennylane en production. Le doublon coûte plus cher et se justifie quand la collecte est le point de douleur principal.
Ce qu’aucun des trois ne fait
C’est là que mon travail commence, et c’est aussi la limite honnête de ces outils.
Aucun des trois ne va chercher une pièce que le client n’a pas transmise. La relance reste à faire, et elle reste manuelle dans la plupart des cabinets : un collaborateur ouvre un tableau, repère les dossiers incomplets, écrit un email. C’est exactement le type de tâche répétitive qu’une automatisation absorbe, en croisant l’état de collecte avec les règles du cabinet et en envoyant des relances graduées, personnalisées par dossier.
Aucun des trois ne répond aux questions des clients. « Où en est mon bilan », « quel est mon résultat à date », « ai-je bien transmis la facture de juin » : ces questions arrivent par email et par téléphone, et elles interrompent la production. Un assistant branché sur les données du cabinet répond à la majorité d’entre elles, à condition que la donnée soit propre.
Aucun des trois ne gère les exceptions de votre cabinet. La pièce en devise, le client qui envoie ses justificatifs dans un fichier compressé, la note de frais du dirigeant sans justificatif. Ces cas représentent 5 à 15 % du volume et consomment la moitié du temps.
Sur ces trois points, l’outil du marché s’arrête et le sur-mesure prend le relais. Un cabinet qui a déjà Dext ou Pennylane bien déployé est dans la meilleure position pour automatiser la suite, parce que ses données sont déjà structurées et accessibles par API.
Quand ne rien changer
Deux cas où le meilleur arbitrage est de garder l’existant.
Le cabinet a déployé un outil il y a moins de dix-huit mois et l’adoption client plafonne à 40 %. Le problème n’est pas l’outil, c’est l’accompagnement des clients. Changer d’éditeur recommencera le même cycle, avec le coût de migration en plus.
Le cabinet compte moins de cinquante dossiers et une personne connaît chaque client par son prénom. À cette taille, la collecte se règle par un coup de téléphone et l’outil apporte surtout une charge de paramétrage. Au-delà, ce qui reste à faire est le branchement entre l’outil retenu et votre production, et c’est le genre de mission que je prends.
Tarifs relevés le 13 août 2026 sur les pages publiques de Dext, Pennylane et Libeo. Les offres destinées aux cabinets d’expertise comptable ne sont publiées par aucun des trois éditeurs et se négocient au volume de dossiers.
Questions fréquentes
- Dext ou Pennylane : lequel choisir pour un cabinet d'expertise comptable ?
- Dext si le cabinet garde son logiciel de production actuel et cherche à améliorer la collecte et la pré-comptabilisation des pièces, avec un coût marginal et un déploiement rapide. Pennylane si le cabinet veut refondre sa production et donner à ses clients une plateforme de gestion complète, ce qui est un projet de plusieurs mois avec migration des dossiers et formation des équipes. Les deux coexistent dans de nombreux cabinets.
- Combien coûte Dext en 2026 ?
- Dext propose une offre gratuite pour un utilisateur couvrant la facturation électronique, l'e-reporting, la collecte de documents comptables et le stockage. L'offre Facturation est à 25 € par mois en engagement annuel pour 250 documents mensuels et un à cinq utilisateurs. Les options se paient séparément : 9 € par mois pour l'assistant IA, 2 € pour du stockage et des crédits supplémentaires. L'offre cabinet est dégressive au volume de dossiers, sur devis.
- Libeo remplace-t-il Dext pour collecter les factures ?
- Non. Libeo traite la validation et le paiement des factures fournisseurs, avec circuits de validation, cartes de paiement et synchronisation vers les logiciels comptables. Ce n'est pas un outil de collecte de pièces : il intervient après, sur des factures déjà connues. Les deux sont complémentaires plutôt que concurrents, et Libeo ne publie aucun tarif public.
- Quel est le tarif de Pennylane pour une entreprise ?
- Pennylane affiche 7 € par mois pour l'offre Starter, 14 € pour Basique, 24 € pour Essentiel et 79 € pour Premium qui inclut le module comptable, en euros hors taxes et sans engagement. Une offre gratuite existe pour les micro-entreprises. Ces plans sont limités à un utilisateur et à 1 200 factures par an, avec quinze jours d'essai. La grille destinée aux cabinets est commercialisée sur devis.
- Comment mesurer si un outil de collecte de pièces fonctionne vraiment ?
- Par le taux de dossiers complets à une date fixe après la clôture, par exemple à J+10, mesuré avant et après le déploiement. Le nombre de pièces traitées ne dit rien, il suit l'activité. Relevez ce taux pendant deux mois avant de changer d'outil : sans point de départ, aucun gain n'est démontrable.
- Peut-on automatiser les relances de pièces manquantes dans un cabinet comptable ?
- Oui, et c'est le complément le plus rentable de ces outils, qu'aucun des trois ne couvre bien. Une automatisation croise l'état de collecte issu de l'outil avec les règles du cabinet, puis envoie des relances graduées et personnalisées par dossier, avec la liste précise de ce qui manque. Le travail consiste surtout à définir les règles de relance.
- Dext, Pennylane et Libeo gèrent-ils la facturation électronique obligatoire ?
- Les trois éditeurs ont intégré des fonctions de facturation électronique et d'e-reporting à leur offre, Dext les incluant jusque dans sa version gratuite. Le périmètre couvert et le statut de plateforme agréée varient d'un éditeur à l'autre et évoluent avec le calendrier réglementaire : vérifiez le point précis auprès de l'éditeur avant de vous engager, en demandant l'écrit.
- Faut-il changer d'outil de collecte quand l'adoption client plafonne ?
- Rarement. Une adoption bloquée autour de 40 % après un an signale un problème d'accompagnement des clients, pas d'outil : changer d'éditeur relance le même cycle en ajoutant le coût de migration. Regardez d'abord quels clients n'adoptent pas et pourquoi. Le changement d'outil se justifie quand la limite est fonctionnelle et documentée.
Cet article fait partie du dossier Cabinets comptables.