n8n, Make ou Zapier : lequel pour une PME
Par Alexandre Rastello, publié le
- n8n
- Make
- comparatif
En résumé. Le comparatif ne se joue pas sur les fonctionnalités, elles se recouvrent à 80 %. Il se joue sur l’unité facturée. Zapier compte une tâche par action réussie, Make compte une opération par module traversé, n8n compte une exécution par lancement du workflow entier, quel que soit le nombre d’étapes. Sur un scénario à cinq étapes et 500 déclenchements par mois, ça fait 500 unités chez n8n contre 2 000 à 2 500 chez les deux autres. n8n commence à 20 € par mois et peut s’auto-héberger gratuitement ; Make démarre à 9 $ ; Zapier reste le plus simple à mettre en route et le plus cher à faire tourner.
La réponse chiffrée
Trois grilles, relevées le 13 août 2026.
n8n facture à l’exécution de workflow. Starter à 20 € par mois pour 2 500 exécutions, Pro à 50 € pour 10 000, Business à 667 € pour 40 000 avec auto-hébergement, SSO et versionnage Git. Les workflows actifs et les utilisateurs sont illimités sur toutes les offres. Une édition Community, open source, s’installe sur votre propre serveur sans licence.
Make facture au crédit d’opération. Gratuit pour 1 000 crédits par mois avec deux scénarios actifs et un intervalle minimum de 15 minutes, Core à 9 $ pour 10 000 crédits et un intervalle d’une minute, Pro à 16 $, Teams à 29 $. Les paliers supérieurs ajoutent surtout de la taille de fichier et des fonctions d’équipe, pas des crédits.
Zapier facture à la tâche. Le gratuit plafonne à 100 tâches par mois et à deux étapes par zap, ce qui exclut la plupart des cas réels. L’offre Professional démarre à 19,99 $ par mois en engagement annuel pour 750 tâches et débloque le multi-étapes, avec un déclenchement toutes les deux minutes. L’offre Team commence à 69 $ et descend à une minute.
L’unité est la seule chose à regarder pour choisir. Le reste suit.
Ce que chacun compte, et pourquoi ça change tout
Prenons une automatisation banale en négoce : une commande arrive par email, la pièce jointe est lue, les lignes sont extraites, la commande est créée dans l’ERP, une notification part sur Slack. Un déclencheur et quatre actions.
| Outil | Unité consommée par commande | Sur 500 commandes/mois |
|---|---|---|
| n8n | 1 exécution | 500 exécutions |
| Make | 5 opérations (une par module) | 2 500 opérations |
| Zapier | 4 tâches (une par action réussie) | 2 000 tâches |
Sur ce volume, n8n tient largement dans l’offre à 20 €, Make tient dans l’offre Core à 9 $, et Zapier sort de l’entrée de gamme Professional à 750 tâches et doit monter de palier.
Maintenant multipliez le volume par dix. 5 000 commandes par mois, c’est 5 000 exécutions n8n (offre Pro à 50 €), 25 000 opérations Make (au-dessus des 10 000 inclus, il faut acheter des crédits supplémentaires) et 20 000 tâches Zapier, dans le haut de la grille.
L’écart ne vient pas d’une politique tarifaire agressive. Il vient de la structure : plus votre workflow a d’étapes, plus l’écart se creuse en faveur de n8n, parce que c’est le seul des trois où ajouter une étape ne coûte rien.
Cette mécanique a une contrepartie que personne ne mentionne. Chez n8n, une exécution qui traite un lot de 200 lignes coûte la même chose qu’une exécution qui en traite une seule. Un workflow bien conçu, qui traite les commandes par lots plutôt qu’une par une, y divise sa consommation par cinquante. Chez Make et Zapier, le traitement par lot ne change presque rien à la facture.
Ce que chacun fait bien
Zapier a le plus grand catalogue de connecteurs et la mise en route la plus rapide. Un utilisateur non technique construit une automatisation à trois étapes en vingt minutes sans aide. Pour connecter deux SaaS grand public et déclencher une action simple, rien ne va plus vite.
Make a la meilleure interface visuelle pour les logiques complexes. Les branchements, les itérations sur une liste, les agrégations et la reprise sur erreur se voient à l’écran. Sur un scénario à quinze modules avec trois embranchements, Make reste lisible là où Zapier devient une liste illisible.
n8n est le seul des trois à s’auto-héberger et à exécuter du code arbitraire. Vous installez l’édition Community sur votre propre serveur, vos données ne sortent jamais de votre infrastructure, et il n’y a pas de compteur. Un nœud de code JavaScript ou Python permet de traiter les cas que l’interface ne couvre pas, et les nœuds IA natifs s’appuient directement sur les APIs de modèles.
Cette dernière capacité est ce qui déplace vraiment le curseur pour une PME française avec des données sensibles. Une automatisation qui manipule des données de paie, des données de santé ou des contrats clients n’a pas à transiter par un SaaS américain, et n8n auto-hébergé est le seul des trois à le permettre.
Quand chacun devient un mauvais choix
C’est la partie que les comparatifs sponsorisés omettent.
Zapier devient un mauvais choix dès que le volume monte. Le modèle à la tâche est linéaire et sans plafond utile : à 20 000 tâches par mois, vous payez chaque mois ce qu’aurait coûté un développement définitif. Il devient aussi mauvais quand la logique se complique, parce que les branchements y sont pénibles et que chaque chemin consomme son propre quota.
Make devient un mauvais choix quand personne en interne ne maintient les scénarios. Son interface visuelle est une force tant qu’un humain la relit ; passé une trentaine de modules, un scénario que son auteur a quitté l’entreprise devient très difficile à reprendre. La gestion d’erreur y est également plus manuelle qu’il n’y paraît : un scénario qui échoue silencieusement pendant trois semaines, ça arrive, et c’est presque toujours chez Make que je le retrouve.
n8n devient un mauvais choix quand il n’y a personne de technique du tout. L’auto-hébergement demande un serveur, des mises à jour, des sauvegardes et une surveillance. L’offre cloud règle ce problème mais fait perdre l’argument des données, et l’offre auto-hébergée avec support commence à 667 € par mois. Sans compétence technique interne ni prestataire, l’édition Community devient une dette : elle marche jusqu’au jour où elle s’arrête, et personne ne sait pourquoi.
Un point commun aux trois, plus important que le choix lui-même : aucun ne remplace un logiciel métier. Reconstruire un CRM ou un ERP dans un outil d’automatisation produit une chose ingérable au bout de six mois. Ces outils relient des systèmes existants et automatisent des passages entre eux. C’est tout, et c’est déjà beaucoup.
Ce que je choisis, en pratique
Ma règle tient en trois lignes.
En dessous de cinq automatisations simples, sans données sensibles, avec un utilisateur métier qui veut être autonome : Make, offre Core à 9 $. La courbe d’apprentissage est raisonnable et le rapport prix/capacité est le meilleur des trois à ce niveau.
Dès qu’il y a des données personnelles, un logiciel métier interne à connecter, ou plus d’une dizaine de milliers d’exécutions par mois : n8n, auto-hébergé, avec de la supervision. C’est ce que je déploie le plus souvent, et c’est aussi ce qui se reprend le mieux par un autre développeur, puisque le code des workflows est du JSON versionnable dans Git.
Zapier, je le garde pour ce qu’il fait mieux que les autres : brancher rapidement deux outils SaaS sur un besoin qui ne justifie pas un projet. Un formulaire vers un CRM, une alerte vers Slack. Trois étapes, faible volume, aucun regret.
Un cas concret pour situer les ordres de grandeur. Sur une mission de reprise, un client faisait tourner onze zaps facturés autour de 200 $ par mois, dont un seul consommait la moitié du quota. La migration vers n8n auto-hébergé a représenté six jours de développement, soit 3 300 €, et a ramené le coût récurrent à celui du serveur. Le retour sur investissement était atteint au bout de quinze mois. Ce calcul ne bascule pas toujours dans le même sens : à 30 $ par mois d’abonnement, il ne bascule jamais.
Migrer sans tout casser
Il n’existe aucun outil d’import automatique fiable entre les trois. Un scénario Make ne se convertit pas en workflow n8n, et personne ne devrait vous promettre le contraire.
La méthode qui marche est ennuyeuse et sûre. Listez les automatisations existantes avec leur volume mensuel réel, celui que vous lisez dans le compteur de l’outil, pas celui que vous imaginez. Reconstruisez d’abord la plus consommatrice, laissez tourner les deux en parallèle une semaine, comparez les résultats ligne à ligne, puis coupez l’ancienne. Recommencez.
La moitié du travail de migration consiste à découvrir ce que les anciennes automatisations font vraiment. C’est aussi le moment où l’on découvre qu’un tiers d’entre elles ne servent plus à personne. Cet inventaire, la migration et la reprise de ce qui casse ensuite font partie de ce que je prends en n8n et Make.
Grilles tarifaires relevées le 13 août 2026 sur n8n, Make et Zapier. Les prix n8n et Make correspondent à l’engagement annuel. Les volumes d’unités consommées sont calculés sur les hypothèses de scénario indiquées.
Questions fréquentes
- Quel est le meilleur outil d'automatisation no-code pour une PME en 2026 ?
- Il n'y en a pas un seul : Make à 9 $ par mois pour un usage métier autonome et peu de données sensibles, n8n auto-hébergé dès qu'il y a des données personnelles ou du volume, Zapier pour brancher rapidement deux SaaS sur trois étapes. Le critère qui tranche est l'unité facturée : n8n compte une exécution par lancement de workflow, Make une opération par module, Zapier une tâche par action.
- Combien coûte n8n par rapport à Zapier ?
- n8n démarre à 20 € par mois pour 2 500 exécutions de workflow et 50 € pour 10 000, avec workflows et utilisateurs illimités. Zapier démarre à 19,99 $ par mois en engagement annuel pour 750 tâches sur l'offre Professional. Comme une exécution n8n couvre toutes les étapes d'un workflow alors qu'une tâche Zapier ne couvre qu'une action, un scénario à cinq étapes consomme cinq fois moins d'unités chez n8n.
- n8n est-il gratuit ?
- L'édition Community de n8n est open source et s'installe gratuitement sur votre propre serveur, sans limite de nombre d'exécutions. Vous payez l'hébergement, la maintenance et les sauvegardes. Les offres payantes ajoutent le cloud géré à partir de 20 € par mois ou, en auto-hébergé, le support, le SSO, le versionnage Git et les fonctions d'équipe à partir de 667 € par mois.
- Make ou Zapier : lequel est le moins cher ?
- Make, dans presque tous les cas de volume réel. Son offre Core à 9 $ par mois inclut 10 000 crédits d'opération, contre 750 tâches à 19,99 $ pour l'entrée de gamme multi-étapes de Zapier. Zapier garde deux avantages : le plus grand catalogue de connecteurs et une prise en main plus rapide pour un utilisateur non technique.
- Peut-on héberger ses automatisations en France pour respecter le RGPD ?
- Avec n8n, oui : l'édition Community s'installe sur un serveur chez un hébergeur français et les données ne quittent jamais votre infrastructure. Make et Zapier sont des services hébergés que vous ne choisissez pas, et vos données transitent par leurs serveurs. Pour un traitement de données de paie, de santé ou de contrats clients, c'est le critère qui tranche avant le prix.
- Comment réduire la facture d'une automatisation Make ou Zapier existante ?
- Trois leviers : supprimer les automatisations que plus personne n'utilise, généralement un tiers du parc ; filtrer au plus tôt dans le scénario pour que les étapes coûteuses ne s'exécutent que sur les cas concernés ; regrouper les traitements par lot plutôt qu'un déclenchement par ligne, ce qui divise la consommation par cinquante chez n8n et un peu moins chez les deux autres.
- Faut-il un développeur pour utiliser n8n ?
- Pour construire un workflow simple depuis l'offre cloud, non : l'interface reste accessible à un utilisateur à l'aise avec la logique. Pour l'auto-hébergement, oui, ou un prestataire : il faut un serveur, des mises à jour, des sauvegardes et une surveillance des exécutions en échec. Sans cette surveillance, une automatisation peut échouer silencieusement pendant des semaines.
- Peut-on migrer automatiquement de Zapier vers n8n ?
- Non, aucun convertisseur fiable n'existe entre les trois outils et chaque automatisation doit être reconstruite. La méthode sûre consiste à lister les scénarios avec leur volume mensuel réel, reprendre d'abord le plus consommateur, faire tourner l'ancien et le nouveau en parallèle une semaine, comparer les résultats, puis couper. Comptez une demi-journée à deux jours par automatisation.
Cet article fait partie du dossier Connecter un agent IA à un logiciel métier qui n'a pas d'API.